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15.01.2026 : Le duo harpe et trombone, composé de Carlotta Bulgarelli et Francesco D'Urso

15 avril 2026 par
15.01.2026 : Le duo harpe et trombone, composé de Carlotta Bulgarelli et Francesco D'Urso
SERVETTE-MUSIC SA, VPI


> Bonjour Francesco, tu es tromboniste professionnel et professeur de trombone auprès de plusieurs institutions, avec une actualité très dense. Où en es-tu aujourd’hui ?


Je suis heureux d’enseigner au Conservatoire de Genève. C’est l’école où j’ai étudié en arrivant à Genève, et y revenir comme professeur a une charge émotionnelle forte. Je développe ma classe, qui compte une dizaine d’élèves, et l’institution me permet de monter de nouveaux projets.

Je poursuis aussi mes activités artistiques : le duo avec harpe avec Carlotta Bulgarelli, autour d’un répertoire inspiré par l’Amérique latine, le duo avec orgue avec Humberto Salvagnin, et un nouveau quatuor de trombones à Genève, formé avec des amis et collègues de longue date.


> Tu travailles dans des contextes très variés. Qu’est-ce qui t’était indispensable pour suivre ces rythmes ?


Un instrument très malléable. Je joue dans plusieurs ensembles, et je suis premier trombone à l’Orchestre de Chambre de Genève. J’avais besoin d’un trombone versatile, simple à faire sonner, avec lequel je puisse m’adapter facilement aux différents ensembles et styles dans lesquels je joue...


> Venons-en à ton nouveau modèle signature. Comment est-il ?


Le changement principal est acoustique. J’obtiens une clarté immédiate, mais avec une rondeur qui reste présente. C’est un instrument complet, basé sur une perce 42 type Bach, mais qui donne l’impression de jouer un trombone simple : très libre, sans résistance inutile.

La grande nouveauté vient du barillet, un modèle à perce progressive. C’est une idée ancienne, testée il y a très longtemps, mais jamais aboutie. Avec Claudio Maragno, nous avons travaillé dessus pendant des années. Claudio avançait calmement, moi j’étais impatient, mais on a accumulé des tests très précis. Un jour il m’a dit : "Là on y est". Et c’était vrai.

C’est la première fois que je suis réellement resté stupéfait par un trombone. L’homogénéité est totale. Les registres extrêmes se jouent avec la même facilité. Des notes qui peuvent être fragiles au trombone, comme le la bémol aigu en troisième, sortent nettes. Les intervalles sont proches, les liaisons deviennent fluides, et le son ne porte plus cette sorte de voile qui enlève de la définition. Là, on retrouve un vrai son de trombone, sans lourdeur.



> Quelles sont ses autres particularités ?


Il est conçu en “Full Open”. Je voulais supprimer tout ce qui pouvait l’être dans le circuit, raccourcir les détours de l’air, donner un flux direct. On s’est inspiré d’anciens modèles, et ce design aéré change vraiment le comportement de l’instrument.

Il y a aussi de nouvelles attaches pour le pavillon Vibrabell et un travail complet sur le vernis. Servette-Music n’utilisait plus vraiment le vernis, mais on y est revenu parce que cela apporte quelque chose, autant visuellement qu’acoustiquement.

J’ai choisi un pavillon rose, avec le reste du trombone en sablé doré. Le sablé doré apporte une sensation particulière que j’aime beaucoup. Et chaque musicien peut choisir ses finitions.


> Donc de nouvelles finitions sont possibles ?


Oui. Le principe Hagmann Custom a toujours été de permettre au musicien de choisir chaque élément. Là, on ajoute encore plus d’options. On peut travailler la coulisse, la pompe, le barillet, les finitions. Pour moi, la perce progressive est la meilleure option, un équilibre idéal entre le son traditionnel et les exigences modernes. Mais ceux qui veulent autre chose auront le choix.



Tes collègues l’ont essayé. Qu’ont-ils dit ?


Je ne leur ai pas dit que c’était le modèle sur lequel j’avais travaillé. Je voulais entendre leurs réactions sans influence. Elles ont toutes été positives. Beaucoup ont été étonnés par la facilité, par la précision de l’articulation, par le timbre. Plusieurs ont demandé de quel instrument il s’agissait.

Il n’y avait encore aucun exemplaire disponible, mais les gens commencent déjà à prendre rendez-vous pour essayer le mien dans ma salle. C’est une vraie satisfaction après tant d’années de travail.



> Et l’enseignement au Conservatoire de Musique de Genève?


C’est l’une des choses les plus importantes pour moi. Ma classe se développe, avec beaucoup de nouveaux élèves, dont quatre nouvelles trombonistes avec lesquelles je forme un quatuor féminin. Elles joueront lors du Marathon du Conservatoire.

Cette année, c’est aussi le 190 anniversaire  du Conservatoire : les activités sont nombreuses et magnifiques.

Je suis également très attaché à la filière Musique Ensemble du Conservatoire de musique de Genève, inspirée du Sistema vénézuélien. Nous sommes passés d’une dizaine d’élèves à nos débuts à environ cent quarante aujourd’hui. Nous avons déjà joué pour l’ouverture de la Fête de la musique, en formation Side by Side avec l’Orchestre de Chambre de Genève l’an dernier, et nous remettrons cela pour l’édition 2026. Cette collaboration entre Musique Ensemble et l’Orchestre de Chambre de Genève constitue l’une de nos grandes fiertés. J’ai aussi été nommé professeur de musique de chambre pour la filière Musique+. 

J’enseigne à des formations très diverses, y compris des cordes. Je n’ai pas les solutions techniques pour leurs instruments, donc je parle uniquement de musique, de rythme, de son, d’intention. C’est une expérience incroyable pour moi.


> Qu’est-ce qui se prépare pour la suite ?


Toutes les pièces d’un quatrième album sont prêtes. Je l’avais mis en pause, mais le projet reprend. Ce sera un album pour trombone seul, avec des œuvres nouvelles de compositeurs du Brésil, d’Italie, de Suisse, de France, et probablement d’Arménie. J’y ajoute une pièce que j'ai composée : c’est la première fois que j’écris. Je raconterai mon approche à la sortie de l’album.

Le 21 janvier, avec Carlotta, nous jouerons notre programme Sueño el Sur à Servette-Music. Ce sera une première pour un cuivre dans ce cadre. Ensuite viendra l’événement officiel de présentation du nouveau modèle de trombone sur lequel je travaille déjà !

Enfin, je développe un programme pour trombone seul. J’ai déjà tourné avec un format plus léger, “ The Trombone”, mais je veux aller vers un vrai spectacle, avec une idée très précise que je garde comme surprise.