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› Matthias, peux-tu nous raconter ton parcours musical ?

Mon parcours débute tardivement, car je ne me suis lancé dans la carrière musicale qu’à 20 ans. J’ai d’abord hésité avec le milieu pictural, dans lequel je suis né, avant de me découvrir une vraie passion pour la musique grâce à des expériences d’orchestre et à diverses opportunités d’enseigner la clarinette dans de nombreuses écoles de musique.

Plus tard, durant mes études à la Haute Ecole de Genève chez Thomas Friedli j'ai également intégré l’Orchestre symphonique à vents de l’Armeespiel en tant que clarinette solo. Cette expérience m’a ouvert l’esprit sur des pratiques de répertoire que j’ai d'abord développées au Conservatoire Populaire de Musique, qui m'a engagé à la fin de mes études supérieures par la création d’un orchestre d’harmonie d’élèves avancés. Puis, parallèlement à mon poste d’enseignant de clarinette au Conservatoire Populaire, je me suis formé à la la direction d'Orchestre en classe pour la section des vents il y a 7 ans par Éric Völki, l’initiateur de ce projet sur le canton de Genève.


› Peux-tu nous présenter le projet de l’Orchestre en classe ?

Le principal objectif de cette expérience est de permettre à des enfants provenant de milieux défavorisés d’accéder à la pratique musicale. Cette dernière, réalisée collectivement, permet de développer des compétences dans d'autres domaines scolaires, ainsi qu’une discipline utile aussi bien au niveau individuel qu’au niveau du groupe. L’écoute, la concentration, l’entraide, le dépassement de soi font partie intégrante de cette expérience pour chaque enfant.

Ce projet s’est d'abord implanté à Zürich en 2008, avant d’arriver il y a presque 10 ans sur Genève, où il a d'abord été mis en place dans les écoles primaires du réseau d’éducation prioritaire. Mais la Ville de Lancy a par exemple ensuite ouvert des orchestres d'instruments à vent, à cordes et de percussions dans l’ensemble de ses écoles communales. Finalement, le projet s’est considérablement développé en 10 ans : on compte actuellement 15 classes primaires pour les vents et 10 classes pour les cordes, ainsi qu’une classe de percussions. C’est un record en Suisse romande !


› Comment cela se déroule concrètement un Orchestre en classe ?

Les enfants concernés par le dispositif "vent" dont je m'occupe ont entre 10 et 12 ans. Ils débutent l’orchestre en 7P Harmos puis le poursuivent en 8P.

Les instruments sont prêtés par le Conservatoire Populaire de Musique Danse et Théâtre. Après une phase de choix, cruciale, et avec l’aide de professionnels de chaque instrument, les enfants en sélectionnent un qu’ils conserveront pendant deux ans. Le travail s’effectue sur deux périodes consécutives de temps scolaire. Dans ce dispositif, la maîtresse de musique de l’école ainsi que le ou la titulaire de classe participent activement et prennent, comme les enfants, un rôle d'apprenants dans l’apprentissage d’un instrument. Des professionnels en chaque instrument viennent également ponctuer ces deux années par du coaching pour les élèves.


› Quels sont les genres d’instruments représentés ? Et quels sont ceux qui ont le plus de succès auprès des musiciens en herbe ?

Une très grande partie de la famille des vents est représentée dans ces orchestres en classe : flûte traversière, clarinette, saxophone, basson, trompette ou cornet, trombone, euphonium, voire même le tuba ! La batterie et certaines percussions mélodiques sont également présentes. Mais il n’y a pas à proprement parler des instruments qui récoltent plus de suffrage que d’autres. Cela dépend beaucoup des volées, et les choix sont réalisés selon les demandes des enfants, qui élisent toujours 3 instruments qui leur ont bien plu lors des essais au début du projet. Cela augmente donc les possibilités de réaliser un orchestre équilibré entre bois et cuivres.


› Qu'est-ce qui rend l’accès à la musique pour les jeunes, en particulier les enfants, si important ?

La pratique musicale développe chez les enfants des capacités de mémorisation, de concentration, de motricité, de coordination, de créativité au travers de ce langage universel. De plus, cette démarche permet aux enfants de s’ouvrir sur des pratiques musicales variées qui leur apportent une plus grande sensibilité au monde qui les entoure. Elle leur donne l'opportunité de toucher et de faire vibrer un instrument, et de vivre des expériences formidables à travers les concerts publics qui sont organisés en différents lieux durant les deux ans du projet ! Même si la plupart des enfants ne continuent pas l’étude d’un instrument après cela, cette expérience reste gravée en eux, et ressortira peut-être un jour au cours de leur vie.


› Quel est ton meilleur souvenir d’Orchestre en classe ?

Difficile d'en choisir un... Peut-être les productions réalisées avec l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) pour la Fête de la Musique. Elles ont permis aux jeunes de jouer une création d’Arturo Corrales autour de légendes fantastiques avec des professionnels.


› Enfin, quels sont les projets importants à venir pour l’Orchestre en classe prochainement ?

Il y en a quelques uns : nous avons par exemple un projet spécifique avec l'OSR pour juin 2021 (Orchestre en classe "vents" et "cordes"), et une collaboration avec l’Harmonie Nautique, qui permettra aux jeunes musiciens de se retrouver dans une formation similaire à la leur, mais en beaucoup plus grand !


› Quelles sont les finitions les plus récurrentes dans le domaine des cuivres? Qu’est ce qu’une finition standard par opposition à une finition spéciale ou custom (personnalisée)?

Les finitions standard les plus courantes sont le verni transparent ou l’argenture brillante. On entend par là les finitions habituelles d’usine, proposées par les marques d’instruments.

Certaines finitions spéciales sont possibles en usine lors de la commande mais il faut le plus souvent se tourner vers des magasins possédant des ateliers spécialisés dans la transformation et la restauration d’instruments.


› Quelles sont les finitions spéciales les plus utilisées de nos jours? Est-ce que ces finitions ont changé dans le temps, disons par rapport à 25 ans en arrière (une génération de musiciens)?

Les finitions spéciales les plus demandées aujourd’hui sont l’aurification, le sablage, le verni mat, le noircissage, ou même parfois des vernis teintés.

Les finitions ont beaucoup évolué avec le temps. D’un point de vue esthétique d’abord, puisque, par exemple, les instruments ont longtemps été ornés de grandes gravures sur le pavillon mais aussi sur les parties mécaniques, ce qui a totalement disparu aujourd’hui. D’un point de vue qualitatif également, puisque l’évolution des connaissances et des technologies, notamment dans la composition des vernis, a permis de créer des composants beaucoup plus résistants qu’avant.

La mode des finitions est quelque chose de cyclique. On voit aujourd’hui un retour des finitions mates, que ce soit argentée, vernie ou aurifiée, ce qui se faisait beaucoup dans les premières décennies du XXe siècle. Associé avec des parties polies (par exemples les pompes d’une trompette), cela donne un très bel effet.

La grande différence est que l’on peut aujourd’hui appliquer un verni mat sur l’instrument au lieu de passer par le sablage de la matière. Cela n’était pas possible il y a encore quelques années, car les connaissances au niveau des vernis ne le permettaient pas.


› Quelles sont les finitions les plus difficiles à réaliser et pourquoi? Et les plus coûteuses et pourquoi?

Le vernissage est la finition la plus difficile à réaliser, si l’on veut obtenir un bon résultat. En effet, le verni ne pardonne aucune imperfection. L’instrument doit être parfaitement préparé et ne montrer aucun défaut de matière, ni rayure de polissage. C’est l’une des raisons pour laquelle les instruments haut de gamme se distinguent des autres. Cette préparation minutieuse demande beaucoup de temps et de savoir-faire.

Il faut ensuite que le vernissage soit parfaitement maitrisé. Il faut utiliser des vernis spécialement conçus pour les instruments et, en plus d’avoir une grande maitrise du processus, être équipé d’ateliers hors-poussière. Sans ça, les risques d’avoir des imperfections ou des coulures sont grands, sans parler du fait que le vernis peut ne pas tenir si il est mal réalisé.

Certaines finitions, comme par exemple une argenture accompagnée d’un sablage et d’un vernissage, peuvent également se révéler assez coûteuses en raison du nombre d’étapes importantes à exécuter, ainsi que du savoir-faire nécessaire et de l’équipement requis.


› Est-ce que les finitions « changent le son » de l’instrument? En particulier les plaquages or ou argent et les finitions telles que le sablage par exemple?

C’est un vaste débat qui anime les musiciens depuis longtemps… Certains sont convaincus de l’influence d’une finition ou d’une autre sur un même instrument. On ne peut pas nier qu’il y a des différences, mais toute la question est de déterminer ce qui les provoque. En effet, on sait que l’épaisseur du traitement a un impact – mais quelle est la part de changement due aux autres actions nécessaires ?

Prenons le cas d’une restauration sur un trombone, qui était à l’origine verni et pour lequel nous voudrions une finition argentée mate. Il faut tout d’abord démonter l’instrument, le dévernir, le décabosser, le polir, le sabler, l’argenter et, éventuellement, poser un verni par-dessus pour éviter l’oxydation. Il est évident que la sonorité de l’instrument sera différente après ces interventions – mais comment dire laquelle a le plus d’influence ? Je pense que cela pourra encore longtemps alimenter les discussions entre musiciens avant et après les concerts…

Le sablage n’a en principe pas d’incidence majeure sur le son, à condition qu’il soit bien réalisé. C’est une étape très délicate. Les risques principaux sont soit de « creuser » la matière (ce qui va la rendre très fine et fragile), soit d’écrouir la matière (ce qui va la rendre dure et lui faire perdre ses propriétés acoustiques).

Il faut bien avoir à l’esprit que le plus important c’est la construction et la géométrie de l’instrument et non sa finition. Le savoir-faire d’un constructeur et la qualité des matériaux utilisés sera toujours prépondérant sur la finition extérieure d’un instrument.


› Sommes nous capables de tout faire chez Servette-Music ? Avons-nous des sous-traitants et dans quel domaine ?

Nos ateliers sont là pour répondre à toutes les demandes particulières pour les cuivres ou pour les bois. De la mécanique à l’esthétique, en passant par l’intonation, nos spécialistes sont prêts à répondre aux besoins de chacun, allant même jusqu’à la fabrication d’instruments sur mesure, notamment les clarinettes et les trombones.

Concernant plus précisément la question des finitions, nous faisons la plupart des étapes dans nos ateliers, mais il nous arrive parfois de faire appel à des spécialistes pour certaines finitions particulières.


› Bien que le saxophone soit un bois, il est parmi les instruments qui utilisent le plus les gravures et finitions spéciales, ainsi que les alliages et les matériaux spéciaux. Qu’en est-il des possibilités de customiser son saxophone et quelles sont les différences sonores en fonction des alliages/finitions spéciales?

Le saxophone, comme tous les instruments fabriqués en métal, peut tout à fait être customisé.

Les métaux utilisés pour la fabrication de l’instrument, comme pour la famille des cuivres, auront une influence acoustique évidente du fait de la souplesse de la matière utilisée. En plus du laiton, le plus répandu, on trouve également des instruments avec des parties en bronze, en argent ou en maillechort. La part d’influence du matériau sur le son est largement plus importante que la finition de surface.

Quoi qu’il en soit, les différentes finitions énoncées dans ces quelques lignes sont tout à fait valables pour les saxophones. De même, sur les autres instruments de la famille des bois, tels que les clarinettes et le hautbois, des finitions spéciales sur le clétage peuvent également être envisagées.


› Francesco d'Urso, Moya Trombones existe depuis maintenant 15 ans. Quel est le secret de votre longévité ?

Depuis que nous avons commencé à jouer ensemble, la confiance a toujours été un élément central de notre collaboration. Le principal, c'est de savoir que l'on peut se reposer les uns sur les autres, et que chacun reste engagé dans le groupe, même s'il a aussi d'autres projets.

Ces projets nous permettent aussi d'entretenir une saine compétition, car aucun d'entre-nous n'aime avoir l'impression de rester sur le carreau. Donc quand l'un de nous prend une place dans un orchestre prestigieux, cela motive les autres à redoubler d'efforts.


› Vous avez un nouveau spectacle ; pouvez-vous nous en dire un mot ?

D'abord, c'est un bon mélange de musique et théâtre, créé en collaboration avec Michel Rossy, metteur en scène genevois. Moya Trombones a créé les arrangements basés sur la musique que nous aimons jouer, et que nous avons envie de faire découvrir au public.

Le concept de base est de casser l'image du musicien classique, ultra-sérieux et coincé qui joue avec austérité. Nous présentons donc quatre musiciens déjantés, dans un contexte original. Et je peux vous dévoiler un petit secret : au milieu, nous avons réintégré un opéra d'un compositeur italien (dont je tairai le nom car il faut garder un peu de mystère ;-).

(NdlR : Moya Trombones présentera son spectacle au cours de résidences à Montpellier en avril, à Nantes en juin, et en juillet-août dans un lieu à définir. Ne manquez pas de les suivre sur leur site moyatrombones.com pour avoir les dates exactes!


› Vous venez d’être endorsé la marque Vincent Bach. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

A mon avis, Vincent Bach, c'est le sommet en termes de partenariat artistique pour un musicien/tromboniste. J'ai essayé diverses marques, mais la seule qui m'a toujours satisfait est Vincent Bach. Leurs instruments ont toujours eu une touche spéciale, et offrent le meilleur compromis pour jouer en orchestre, solo et en musique de chambre. Le son reste rond et chaud dans tous les registres et nuances... Et puis c'est aussi un partenariat qui, nous l’espérons, devrait nous ouvrir des portes pour jouer dans de prestigieux festivals et salles de concerts en Europe et pourquoi pas aux USA...


› Pourquoi avez-vous choisi de jouer des trombones équipés du système Vibrabell et de cylindres Hagmann?

En 2009, mon cadeau de fin d'étude a été un trombone Vincent Bach équipé d'un système Vibrabell. J'étais soufflé. Ajouter un barillet Hagmann étais simplement le couronnement de ma recherche car ce sont des systèmes qui améliorent la qualité du son et le confort de jeu : il n'y a pas de gaspillage d'air, le rendu est homogène, et les graves sortent avec facilité.Depuis juin 2019, j'ai fait équiper mon trombone avec le barillet Hagmann GEN 2, et là, le son est encore plus centré et homogène, et les paliers sont encore plus rapprochés.


› Quelle est votre expérience avec Servette-Music ?

Je connais Servette-Music depuis mes débuts : mon professeur en Italie était l'un des premiers clients de René, et il en a toujours parlé comme d'une référence.

Lorsque je suis arrivé en Suisse en 2005, j'avais cassé la housse de mon instrument – je suis très maladroit – et j'ai donc enfin pu rencontrer René. J'étais ému, car pour moi il était une légende. Et j'ai immédiatement été impressionné par la disponibilité et l'écoute dont il faisait preuve ; la patience, même, car nous les musiciens, nous sommes parfois capricieux. Mais René et Claudio sont très ouverts et toujours prêts à concrétiser nos idées les plus saugrenues.

Pour résumer, je dirais que les possibilités que Servette-Music offre à un musicien, professionnel ou amateur, en termes de customisation, sont immenses, et pour moi c'est magique.


› René Hagmann, quelle est l’histoire du projet Free Flow© ?

J’ai commencé à développer les cylindres Free Flow© pour résoudre certains problèmes inhérents aux cylindres de trombones classiques, afin d’améliorer les qualités de son et d’émission.

Une partie du son caractéristique du trombone provient de son flux d’air long et droit. Les courbures des cylindres Free Flow© sont conçues pour réduire les problématiques qui surviennent lorsque les angles sont prononcés, et cela permet une plus grande homogénéité lorsqu’ils sont engagés. Le cylindre Free Flow© offre ainsi un son plus riche en harmoniques et plus homogène ; et il est aussi beaucoup plus ergonomique et facile à entretenir.

Ce qui fait toute la différence, c’est que la Free Flow Valve© reste étanche presque indéfiniment, et qu’elle est équipée d’un système de lubrification spécial. Cela lui assure une grande précision et une durabilité tellement grande qu’elle peut accompagner un musicien tout au long de sa carrière. Depuis leur création, nous n’en avons d’ailleurs remplacé tellement peu que nous les comptons sur les doigts d’une main.


› Les cylindres Free Flow© sont une référence internationale. Quel a été le cheminement pour arriver à ce succès ?

Le bouche-à-oreille a fait son œuvre (sourire). De musiciens professionnels en fabricants, nous nous sommes retrouvés en train d’équiper les gammes professionnelles des plus grandes marques. Je pense que c’est en grande partie dû au fait que c’est un dispositif qui a été conçu de concert avec des musiciens pour améliorer le rendu sonique à travers une mécanique irréprochable, tant du point de vue de la conception que de celui de la production.


› Quelle est la réponse des clients aujourd’hui vis-à-vis de la nouvelle génération de cylindres GEN II ?

La réception a été très favorable dans la mesure où la seconde génération est une évolution de la première. Nous avons aussi l’avantage du fait que les musiciens ne s’attendaient pas à une mise à jour, puisque la première génération était aboutie et que personne n’était fondamentalement déçu. Vous savez, en musique comme en mécanique, on recherche des solutions élégantes : c’est beaucoup cet aspect qui a fait l’objet de nos efforts.

La GEN II jouit d'un fonctionnement encore plus fiable, avec une mécanique plus stable grâce à une meilleure répartition des poids et des masses de la matière. Cela nous a permis d'obtenir une acoustique optimisée. Nous voulions faire encore mieux, et si le plus gros du travail a été de pouvoir imaginer ce qu’on pouvait améliorer, nous avons aussi passé beaucoup de temps à mettre en place la production pour qu’elle soit à la hauteur de nos prototypes en termes de qualité.

Cela fait 3 ans que nous avons mis en vente les premiers modèles de GEN II. Au final, les clients jugent la Free Flow Valve© avec leurs oreilles, et c’est tout ce qui compte. Et nous leur faisons confiance pour nous dire que le son qu’ils entendent est nettement meilleur.