> Francesco d'Urso, Moya Trombones existe depuis maintenant 15 ans. Quel est le secret de votre longévité ?
Depuis que nous avons commencé à jouer ensemble, la confiance a toujours été un élément central de notre collaboration. Le principal, c'est de savoir que l'on peut se reposer les uns sur les autres, et que chacun reste engagé dans le groupe, même s'il a aussi d'autres projets.
Ces projets nous permettent aussi d'entretenir une saine compétition, car aucun d'entre-nous n'aime avoir l'impression de rester sur le carreau. Donc quand l'un de nous prend une place dans un orchestre prestigieux, cela motive les autres à redoubler d'efforts.
> Vous avez un nouveau spectacle ; pouvez-vous nous en dire un mot ?
D'abord, c'est un bon mélange de musique et théâtre, créé en collaboration avec Michel Rossy, metteur en scène genevois. Moya Trombones a créé les arrangements basés sur la musique que nous aimons jouer, et que nous avons envie de faire découvrir au public.
Le concept de base est de casser l'image du musicien classique, ultra-sérieux et coincé qui joue avec austérité. Nous présentons donc quatre musiciens déjantés, dans un contexte original. Et je peux vous dévoiler un petit secret : au milieu, nous avons réintégré un opéra d'un compositeur italien (dont je tairai le nom car il faut garder un peu de mystère ;-).
(NdlR : Moya Trombones présentera son spectacle au cours de résidences à Montpellier en avril, à Nantes en juin, et en juillet-août dans un lieu à définir. Ne manquez pas de les suivre sur leur site moyatrombones.com pour avoir les dates exactes!
> Vous venez d’être endorsé la marque Vincent Bach. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
A mon avis, Vincent Bach, c'est le sommet en termes de partenariat artistique pour un musicien/tromboniste. J'ai essayé diverses marques, mais la seule qui m'a toujours satisfait est Vincent Bach. Leurs instruments ont toujours eu une touche spéciale, et offrent le meilleur compromis pour jouer en orchestre, solo et en musique de chambre. Le son reste rond et chaud dans tous les registres et nuances... Et puis c'est aussi un partenariat qui, nous l’espérons, devrait nous ouvrir des portes pour jouer dans de prestigieux festivals et salles de concerts en Europe et pourquoi pas aux USA...
> Pourquoi avez-vous choisi de jouer des trombones équipés du système Vibrabell et de cylindres Hagmann?
En 2009, mon cadeau de fin d'étude a été un trombone Vincent Bach équipé d'un système Vibrabell. J'étais soufflé. Ajouter un barillet Hagmann étais simplement le couronnement de ma recherche car ce sont des systèmes qui améliorent la qualité du son et le confort de jeu : il n'y a pas de gaspillage d'air, le rendu est homogène, et les graves sortent avec facilité.Depuis juin 2019, j'ai fait équiper mon trombone avec le barillet Hagmann GEN 2, et là, le son est encore plus centré et homogène, et les paliers sont encore plus rapprochés
> Quelle est votre expérience avec Servette-Music ?
Je connais Servette-Music depuis mes débuts : mon professeur en Italie était l'un des premiers clients de René, et il en a toujours parlé comme d'une référence.
Lorsque je suis arrivé en Suisse en 2005, j'avais cassé la housse de mon instrument – je suis très maladroit – et j'ai donc enfin pu rencontrer René. J'étais ému, car pour moi il était une légende. Et j'ai immédiatement été impressionné par la disponibilité et l'écoute dont il faisait preuve ; la patience, même, car nous les musiciens, nous sommes parfois capricieux. Mais René et Claudio sont très ouverts et toujours prêts à concrétiser nos idées les plus saugrenues.
Pour résumer, je dirais que les possibilités que Servette-Music offre à un musicien, professionnel ou amateur, en termes de customisation, sont immenses, et pour moi c'est magique.